Genealuxie
Généalogiste

Genealuxie, généalogiste à Lyon (69)

Comment repérer les activités de nos ancêtres femmes dans les contrats de mariage


Les professions de nos ancêtres femmes sont rarement indiquées dans les registres paroissiaux et d'état civil. Elles apparaissent timidement vers la fin du XIXe siècle, dans quelques actes et lors des recensements de population. Mais généralement nos aïeules sont "ménagères" ou "sans profession". 

Bien sûr nous savons qu'en plus de la direction de la maison, elles participent aux travaux de la ferme, au commerce ou à l'artisanat de leurs époux. Mais les indices restent minces. 

Certains sont cachés dans les contrats de mariage. En voici quelques exemples:  

 

Les passementières de Saint-Etienne

A la fin du XVIIIe et pendant tout le XIXe siècle la ville et sa région ont trois activités principales: la mine, la clouterie et la passementerie (rubanerie). 

Plusieurs de mes ancêtres stéphanois sont des passementiers, d'autres des cloutiers. Et leurs épouses et filles? Rien dans les actes d'état civil Pourtant à cette époque la pluri-activité est la norme afin d'avoir des revenus toute l'année. La rubanerie est organisée autour de marchands qui distribuent des commandes à des centaines d'ateliers à domicile. On imagine donc sans peine que toutes ces femmes participent à cette industrie textile. 

Et les contrats de mariage le confirment: toutes les épouses et filles de mes ancêtres dans cette branche apportent en dot leur trousseau et quelques meubles avec "un métier à faire les rubans".  Deux d'entre elles : 

Marie Pichon en 1769 "métier à faire rubans"

Marie Drevet en 1773: "un métier propre à faire des rubans"

Métier à tisser les rubans [source : Musée de la passementerie, Jonzieux]

 

Les jeunes femmes ayant une activité au moment du mariage

Beaucoup de jeunes femmes "sans profession" dans l'acte de mariage ont une activité, mentionnée dans le contrat qui précède avec les revenus qui vont avec.   

Pierrette Montvernay, en 1856, est agricultrice dans la région lyonnaise "au service de M. Simon". Elle apporte en dot "une somme de trois cents francs en pièces provenant de ses économies", bien distincte du don que lui fait son père plus loin dans le contrat.  

 

Antoinette Desmare est tailleuse. Elle signale dans son contrat de 1859 ses "cent francs argent provenant de ses économies"

 

Quand à Anne Seity, brodeuse, son contrat établi en 1860 est encore plus explicite: "une somme de quatre mille francs argent provenant de ses économies particulières et de son travail personnel".  

 

Conclusion

Les indices de l'activité de nos ancêtres femmes sont souvent bien cachés mais en connaissant bien les activités et l'histoire d'une région il est possible de les détecter. Les contrats de mariage sont l'une des sources possibles, de même que les inventaires après décès dont nous reparlerons. 

 

sources: Archives départementales de la Loire et du Rhône, musée de la passementerie de Jonzieux. 


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