R comme Reconnaissance posthume

Pendant la Première Guerre mondiale, une série de lois a permis de régler des situations familiales délicates, comme celles des enfants nés hors mariage avant le conflit et devenus orphelins. Mais cela nécessitait aussi la persévérance de la mère et le soutien des grands-parents.  

Thérèse Victorine est née le 14 février 1913 à l’hôpital de la Charité de Lyon. Ses parents sont âgés de dix-huit ans et vivent ensemble au 3 rue des Docks à Vaise.

Sa mère Sylvérine Parey la reconnait en mairie quelques jours plus tard. Elle prend donc le nom de Thérèse Parey. Son père Jean-Marie Aulas ne fait aucune démarche. De multiples raisons peuvent être invoquées : il n’a pas encore effectué son service militaire, il est mineur et ses parents sont peut-être réticents. Jean-Marie et Sylvérine pensent avoir du temps devant eux, beaucoup de couples dans le quartier se marient et légitiment en même temps les enfants nés avant leur union. 

 

Malheureusement la guerre éclate l’année suivante. La classe 1915 (les hommes nés en 1895) dont fait partie Jean-Marie est appelée en avance, dès le mois de décembre 1914. Le jeune homme part au front dans un bataillon de chasseurs à pied et meurt le 18 août 1916, à vingt-et-un ans, lors de la bataille de la Somme.

Sylvérine est seule avec sa petite fille officiellement née de père inconnu et ne peut pas recevoir d’aide.

La situation se débloque grâce à la loi du 7 avril 1917 qui permet de légitimer les enfants dont le père mobilisé est décédé. La demande doit être accompagnée de correspondance ou de documents montrant « une évidente volonté de se marier et de légitimer l’enfant, commune aux deux parents ».  

 

Sylvérine se présente donc au tribunal civil de Lyon. Elle affirme qu’elle vivait maritalement avec Jean-Marie, qu’ils avaient commencé en mars 1916 la publication des bans de leur mariage et obtenu le consentement de leurs parents. D'ailleurs ceux de Jean-Marie soutiennent la démarche.

 

Thérèse est déclarée enfant légitime de Jean-Marie Aulas et Sylvérine Parey. La mention est ajoutée sur son acte de naissance. Son père est « Mort pour la France », elle est donc adoptée par la Nation en décembre 1918.

 

Sources : Archives municipales de Lyon (2E3003) ; site Mémoire des Hommes ; Gallica (BnF) ; Archives départementales du Rhône (UCL876, 2756W2)


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