Le challenge UPro-G du mois : une signature
Découvrir la signature d'un ancêtre sur un acte est toujours émouvant. En l'absence de photographies ou lettres manuscrites, c'est une autre forme de souvenir. De plus cette griffe apporte beaucoup d'informations.
En bref :
Les signatures de nos ancêtres sont émouvantes et informatives. À travers plusieurs exemples, découvrons comment elles nous renseignent sur le niveau socio-économique, les variantes du patronyme, les prénoms usuels, ceux étrangers ou francisés. Elles peuvent enrichir une recherche de généalogie familiale.
Quel était leur niveau socio-économique ?
Mes ancêtres étaient-ils instruits, occupaient-ils une place importante dans le village ? Si l'absence de signature ne signifie rien car des seigneurs et de riches laboureurs pouvaient rester illettrés, sa présence donne quelques indications.
Bien sûr tout dépend de la période et de la zone géographique. Prenons quelques exemples comparables, de la Révolution à la Restauration, en région Rhône-Alpes.
- Claude Mitaine, journalier à Saint-Maurice-de-Gourdans dans l'Ain, signe en bâton son serment au Roi lors de la remise de la Légion d'honneur en 1818. Il s'est probablement entraîné pour l'évènement.
- Jean Pierre Crouzet, tisserand de Saugues en Haute-Loire, écrit très distinctement son nom, lors de son contrat de mariage en 1805, et sur les nombreux actes notariés dans lesquels il est témoin en 1806-1808, ce qui montre son importance dans la ville.
La signature d'un contrat de mariage à Lyon en 1797
Deux familles de négociants lyonnais sont réunis en 1797 pour le contrat de mariage entre Melchior Philippon et Marie Philippon. Tous signent, y compris les femmes. Certains ajoutent même une ruche (un ornement destiné à limiter les risques de falsification).
Mais pourquoi le nom de mon ancêtre s'écrit-il différemment d'un acte à l'autre ?
C'est l'un des premiers étonnements du généalogiste débutant, le patronyme et ses variantes. J'aime utiliser celle que le porteur du nom utilisait. Mais cela peut se compliquer quand lui-même change d'avis.
Ainsi Claude est né Mitanne. Engagé dans les armées napoléoniennes, il a été décoré sous le patronyme Mitaine et a préféré signer ainsi son dossier de la Légion d'honneur. Mais rentré au pays il redevient Mitanne lors de son contrat de mariage.
Mes ancêtres avaient tous le même prénom, comment s'y retrouvaient-ils?
Les homonymes sont légions dans nos arbres, les prénoms passant d'une génération à l'autre. Les familles utilisaient des prénoms usuels, facilement repérables dans les recensements à partir de 1836. Mais avant ces listes, comment faire ?
Il arrive que la réponse soit dans la signature. Ainsi Hélène Julie Dechastelus, lors de son mariage à Saint-Just-la-Pendue dans la Loire en 1813, utilise Julie.
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Mes ancêtres étrangers ont-ils francisé leur prénom?
Au XIXe siècle, les migrations s'intensifient. Les officiers d'état civil francisent généralement le prénom. Mais qu'en pensaient les intéressés ? Là encore, la clé peut se trouver dans la signature.
Pascal Ferralli, né à Forli en Italie, se marie à Strasbourg en 1858. L'acte le nomme Pascal et il donne ce prénom à la presse quand il paye des encarts publicitaires pour ses marchandises. Mais il signe Pasquale.
Son fils Enrico naît en Allemagne. Il est déclaré sous ce prénom au consulat d'Italie. Il passe la majeure partie de sa vie en France et à Genève. Et signe Henri.
Sources: Archives départementales de l'Ain, de la Haute-Loire, de la Loire et du Bas-Rhin; Archives municipales de Lyon; Archives Nationales base Léonore; Archives d'état de Genève
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